McCain la frite produite en Belgique ? Rencontre avec l’un des agriculteurs, Bernard Dutrieux

McCain la frite produite en Belgique ? Rencontre avec l’un des agriculteurs, Bernard Dutrieux

McCain la frite produite en Belgique ? Rencontre avec l’un des agriculteurs, Bernard Dutrieux

Sous son nom à consonance écossaisse, McCain, est en fait une société canadienne. Leader dans le domaine des préparations de pommes de terre surgelées, la société est présente dans plus de 160 pays.

C’est à Leuze-en-Hainaut que McCain développe son centre stratégique pour l’Europe. S’y trouve la plus grande usine de produits de pommes de terre au monde!

Depuis 2013, croquettes, pommes Duchesse et Rösti sont produits dans l’usine belge avec de la pomme de terre 100% locale.

Depuis 2017, les frites pour cuisson à la friteuse distribuées en Belgique sont également produites dans l’entité.

Quant aux frites pour cuisson au four que nous consommons en Belgique, elles sont actuellement produites en France suivant des procédés de production différents de ceux mis en place à Leuze. 

McCain la frite produite en Belgique ? Rencontre avec l’un des agriculteurs, Bernard Dutrieux

Des partenariats ont été conclus avec plus de 200 agriculteurs belges. 

Rencontre avec Bernard Dutrieux

La ferme de Bernard et Ann se trouve à 20 km de l’usine McCain, anciennement Lutosa.

35 ans de carrière et autant d’années de culture de pommes de terre. Ici on cultive la bintje, et rien que la bintje, la pomme de terre qui fait de délicieuses frites !

McCain la frite produite en Belgique ? Rencontre avec l’un des agriculteurs, Bernard DutrieuxJe questionne Ann et Bernard sur le déroulement d’une année de culture de pommes de terre.

D’avril à septembre

Tout commence avec l’achat des plans.

Le prix dépend du calibre de la pomme de terre.

Plus le calibre est petit, plus le plan est fragile, mais son coût est moindre.

Je comprends vite qu’il ne suffit pas d’être bon agriculteur pour gérer une exploitation, il faut également être un fin limier… Les plans de pommes de terre se négocient parfois 3 ans à l’avance. L’opération est sujette à spéculation, il faut pouvoir acheter au bon moment.

En avril, le sol est travaillé, on lui donne de l’engrais et on le laisse respirer.

La terre se travaille à l’aide de machines qui permettent de labourer 1 hectare à l’heure. Ensuite vient la plantation, elle sillonne la terre en buttes d’environ 20-30 cm qui contiennent le plan.

En théorie tout commence en avril; en pratique c’est parfois bien différent. Tout dépend de l’humeur de dame nature et des conditions climatiques qui en découleront.

Les semaines qui suivent, Bernard espère voir arriver la pluie, mais pas trop non plus. La quantité d’eau des précipitations permet de tasser la butte.

4 à 5 semaines plus tard, les germes cherchent la lumière et sortent de la butte, les premières feuilles arrivent.

McCain la frite produite en Belgique ? Rencontre avec l’un des agriculteurs, Bernard Dutrieux

Le plan croît de mai à juin où il acquiert sa taille adulte. Les boutons floraux arrivent et en même temps, sous-terre, se développent les tubercules. C’est quand le feuillage se tasse, après la floraison, que les tubercules commencent à grossir.

La pomme de terre aime avoir de l’eau régulièrement.

Durant les mois de juin, juillet et août, en fonction de la météo, Bernard pulvérise. Cette action est effectuée en prévention du mildiou. Le mildiou est un champignon qui se développe avec l’humidité. Le désherbage est chimique mais respecte les normes du cahier de charges très strictes.

Le nombre de pulvérisation dépend donc de la météo. Les années plus sèches, on traite moins que les années plus humides.

Fin août, les feuilles de la plante se fanent.

Fin septembre, c’est la période de la récolte.

Les pommes de terre sont alors emmenées pour stockage dans un hangar attenant à la ferme. La météo doit être clémente afin que les pommes de terre récoltées soient le plus sèches possible, ce qui évite les moisissures.

La production

50 % de la production de l’exploitation est automatiquement conduite à l’usine McCain. Avec les autres 50%, Bernard spécule.

Comme en bourse, c’est la loi de l’offre et de la demande qui entre en jeu. La connaissance du marché, le feeling et parfois une petite dose de chance sont les atouts nécessaires aux bonnes transactions.

Les cultures en général, la pomme de terre en particulier, ne dérogent pas à la règle, ce qui réclame beaucoup d’énergie. Il faut savoir bien s’en occuper, récolter au moment opportun et vendre avec pertinence.  

Un tout grand merci à Ann et Bernard d’avoir, en toute simplicité et avec beaucoup de franchise, partagé leur expérience de terrain.

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